SURGISSEMENTS…          

 

On a souvent tendance à considérer la peinture comme un espace plan où sont couchés les représentations d’une réalité

plus ou moins idéalisée, plus ou moins conçue comme une extrapolation, à l’aune de l’imagination du peintre…

 

Ce n’est pas exactement la sensation produite par la progression de l’intimité qui se produit lorsqu’on regarde les toiles de Céline Wagner.

Si le titre «Surgissements » s’est imposé à moi, c’est que les sujets semblent surgir d’une intériorité manifestée, d’une compassion d’humanité qui dépeint justement le quotidien d’un questionnement sur la vie à travers ses regards ; qu’ils soient complices, inquiets ou méditatifs, ce sont eux qui attirent et retiennent ceux du spectateur, qui s’orientent autour du visage, pour découvrir les attitudes. Nulles ne sont anodines, elles sont toutes affectées d’une réalité que l’on devine distanciée, où

les questions souvent désabusées ne sont pas résolues et laissent perplexes…

 

Si l’on ajoute à ces impressions les à-plats qui semblent des verres dépolis très légèrement filtrants, souvent accentuées par

le contraste des couleurs qui ajoutent à l’effet de vitrail, on franchit lentement le voile qui nous sépare de la vérité de chacun

des sujets, dont chacun prouve son humanité…

 

Jean Gelbseiden

 

 

Jean Gelbseiden est poète, président de l'association Mots Passants, et animateur en son sein d'ateliers d'écriture narrative et poétique, ainsi que d'ateliers de lecture destinés à la production de lectures publiques. Son blog Médiapart est disponible ici